Le Capitalisme est-il moral ?

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C’est le titre d’un livre du philosophe André Comte-Sponville qui est remarquable, à la fois simple et passionnant.
Avec toutes les questions que posent aujourd’hui le développement durable et la mondialisation, je suis en pleine recherche de “sens” tant au niveau scientifique, politique que moral et ceci aussi bien dans le cadre de mes activités professionnelles que personnelles.
Le livre d’André Comte-Sponville me donne en tous les cas LE cadre que je cherchais pour (re)mettre les choses en place dans les rapports entre l’économie, la politique et la morale, entre les droits et les devoirs, la tyrannie et la barbarie, grâce aux quatre ordres définis par le philosophe : l’ordre économique (mais aussi scientifique et technique), l’ordre politique, le moral et enfin l’ordre éthique.

J’en retiens une règle à appliquer directement à la gestion client: Il faut respecter le client non pas pour des raisons d’ordre morale - puisque l’économie est amorale ! - mais parce que l’entreprise (le “Capital”) a besoin de lui pour faire du profit - sans client, pas de commerce ! - et qu’elle ne fera des bénéfices que si le client lui aussi en fait !

Dans cet échange, on peut donc bien parler de réelle convergence d’intérêts. Mais à l’heure où le fossé se creuse entre les riches et les pauvres et où les ressources énergétiques sont en train de s’épuiser, peut-on pour autant parler de “solidarité” entre l’entreprise et ses clients ? Dans le commerce, il y a à la fois création et destruction de valeurs puisque des ressources sont utilisées pour produire et que les produits créés sont presqu’immanquablement détruits par la consommation qui elle produit des déchets à traiter… !

Etablir au niveau mondial, un équilibre entre la création et la destruction de ressources au bénéfice tant de l’entreprise que de ses clients suppose tout à la fois une nouvelle efficacité et une nouvelle solidarité, à définir de toute urgence, un peu à l’image de nos systèmes de sécurité sociale, de mutuelles et d’assurances !

Quels enjeux pour les chefs d’entreprises et pour les hommes politiques, bien loin de leurs échéances financières et électrorales habituelles !
Même le philosophe ne va pas jusque là. A creuser donc !

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